
Le traditionnel bouchon en liège reste la solution préférée des consommateurs et ce malgré les problèmes liés au goût de bouchon. Mais un challenger synthétique italien pourrait bien changer la donne.
Qui n’a jamais eu l’occasion de constater que son vin préféré présentait un bien vilain défaut ? Au nez ou en bouche, voire les deux, le tristement goût de bouchon s’attaque à nos crus. Le phénomène n’a rien de récent. Il est aussi vieux que le bouchon lui-même. Pourtant, sa découverte est tardive. La molécule responsable de cette déviance, le 2,4,6-trichloroanisole, plus communément appelée TCA, est en effet découverte en 1981, par un scientifique helvétique, Hans Tanner. La faute aux produits chimiques qui ont envahi notre quotidien (produit de traitement des charpentes, fongicides…), la faute aussi à la surproduction mondiale de vins et donc de liège, la faute aux producteurs eux-mêmes qui ne prennent pas toujours les mesures pour lutter contre ce problème et obturent leurs vins avec des produits pas toujours de qualité… Les vins bouchonnés présentent des concentrations moyennes en TCA de 8 nanogrammes par litre, mais elle est décelable dès 5 nanogrammes par litre, voire 2 ou 3 nanogrammes pour un nez amateur.
Environ 6% des vins « empoisonnés »
Le goût de bouchon est devenu un fléau qui empoisonne près de 6% des vins, selon les spécialistes. Et pourtant, même si des solutions existent, les consommateurs restent très attachés au liège, perçu comme étant le meilleure solution pour laisser évoluer les vins dans le temps. Car le bouchon laisse respirer le vin. Sans air, il meurt, avec trop d’air, il s’abîme aussi. Le bouchon doit donc réguler l’air qui pénètre. Mais si le liège reste le matériau des conservateurs, les solutions alternatives ont fait leur apparition. La vis, très appréciée des anglo-saxons, le verre et le synthétique sont apparus comme des solutions efficaces. Ce dernier matériau fait beaucoup parler de lui depuis peu. En particulier un produit conçu en 2002 par l’industriel italien Guala. Ce nouveau bouchon composite et synthétique, AS Élite ou plus simplement « Guala », est ce que Olivier Leflaive, adepte depuis 2004, appelle un bouchon « haute technologie ». Pourquoi ? Parce que c’est la première fois que le synthétique permet de reproduire les bienfaits du liège, en assurant la perméabilité à l’oxygène tout en garantissant sa bonne tenue dans le temps. Cette innovation aura nécessité cinq années de recherche en collaboration avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et quatre millions d’euros d’investissement. Pour un résultat qui suscite l’intérêt des viticulteurs. Même s’ils réclament du temps pour juger de sa tenue dans le temps. Mais sérieux avantage pour le Guala, contrairement à la capsule à vis, il ne nécessite aucun investissement puisqu’il s’adapte aux lignes d’embouteillage traditionnelles. S’il n’existe pas de solution miracle, le synthétique apporte une alternative au traditionnel bouchon de liège, trop souvent, malheureusement, contaminée par le TCA.
Patrick Lebas
Comment fabrique-t-on le Guala ?
L’As Élite, ou Guala, est composé de trois parties :
Le châssis. C’est le composant structurel de l’AS Elite. Il a pour mission de bloquer le système en condition d’utilisation, évitant ainsi l’allongement et garantissant le maintien de l’interférence avec le verre. Il a aussi le rôle de guider l’intromission du tire-bouchon. La matière utilisée est un polypropylène à haute rigidité et la technologie de process est le moulage par injection, indique le fabricant.
Le bouclier. C’est le seul composant en contact avec le vin. La présence de ce bouclier a été décidé pour pouvoir disposer de la meilleure matière possible en termes d’inertie chimique et d’absence d’interaction. a matière utilisée appartient à la famille des polypropylènes et c’est une spécialité fabriquée avec des catalyseurs metallocènes. La technologie de production est, là aussi, le moulage par injection.
Le corps. C’est la partie compressible qui, grâce à l’interférence avec la superficie interne du col de la bouteille, garantira la tenue. La matière employée est un élastomère thermoplastique et la technologie du process est le surmoulage par injection assistée d’expansion réalisée par des agents spécifiques.
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