Il débarque comme pour annoncer l’ouverture des immenses et exceptionnelles foires aux vins… Avant de mettre en rayon ces super affaires et autres coups de cœur en tout genre, les guides viennent titiller la curiosité du chaland. Le duo est bien rodé. D’abord l’appât, ensuite l’hameçon. Il faut ferrer le client à coups de promo fluo. En attendant de jouer des coudes dans les linéaires, il convient donc de se renseigner sur les valeurs montantes et descendantes du vignoble. Le guide Hachette porte bien son nom, il pourrait tout aussi bien s’appeler le guide Emplettes… Si ses décisions sont parfois contestables, on peut également se demander si elles seront suivies d’effets, dans les rayons des foires aux vins et ailleurs. Au-delà du fait que la plupart des vins cités sont trop rarement présents en supermarché, le positionnement d’un tel guide m’échappe. Réalisé par des professionnels (35.000 vins dégustés à l'aveugle pour n’en retenir que 10.000), il s’adresse à un public plutôt néophyte, désireux de trouver des bons vins, dans une gamme de prix raisonnable, sans se faire tromper sur la marchandise… Cette relation de confiance est plutôt salutaire dans un monde comme celui du vin, que l’on peut qualifier de complexe. J’ai fait plusieurs fois l’achat de ce type d’ouvrages… Cependant, le lecteur découvre assez vite que la dimension mercantile des foires aux vins n’est pas en phase avec l’amateurisme tel que nous l’imaginons. En se baladant, guide en main, nous constatons, impuissants, qu’il n’est pas ce précieux allié que l’on recherchait… De deux choses l’une : soit il nous guide vers des vins peu recommandables, soit il nous conseille des vins que l’on ne trouvera pas en rayon… Du coup le guide, je l’achète plus !
* à lire dans le Journal du Palais de cette semaine


