dimanche 29 août 2010

TCHIN…* Le guide Achète !

Il débarque comme pour annoncer l’ouverture des immenses et exceptionnelles foires aux vins… Avant de mettre en rayon ces super affaires et autres coups de cœur en tout genre, les guides viennent titiller la curiosité du chaland. Le duo est bien rodé. D’abord l’appât, ensuite l’hameçon. Il faut ferrer le client à coups de promo fluo. En attendant de jouer des coudes dans les linéaires, il convient donc de se renseigner sur les valeurs montantes et descendantes du vignoble. Le guide Hachette porte bien son nom, il pourrait tout aussi bien s’appeler le guide Emplettes… Si ses décisions sont parfois contestables, on peut également se demander si elles seront suivies d’effets, dans les rayons des foires aux vins et ailleurs. Au-delà du fait que la plupart des vins cités sont trop rarement présents en supermarché, le positionnement d’un tel guide m’échappe. Réalisé par des professionnels (35.000 vins dégustés à l'aveugle pour n’en retenir que 10.000), il s’adresse à un public plutôt néophyte, désireux de trouver des bons vins, dans une gamme de prix raisonnable, sans se faire tromper sur la marchandise… Cette relation de confiance est plutôt salutaire dans un monde comme celui du vin, que l’on peut qualifier de complexe. J’ai fait plusieurs fois l’achat de ce type d’ouvrages… Cependant, le lecteur découvre assez vite que la dimension mercantile des foires aux vins n’est pas en phase avec l’amateurisme tel que nous l’imaginons. En se baladant, guide en main, nous constatons, impuissants, qu’il n’est pas ce précieux allié que l’on recherchait… De deux choses l’une : soit il nous guide vers des vins peu recommandables, soit il nous conseille des vins que l’on ne trouvera pas en rayon… Du coup le guide, je l’achète plus !

* à lire dans le Journal du Palais de cette semaine

vendredi 20 août 2010

In pinot noir we trust !

Ils sont beaux, chocolat pour le garçon, rose pour la fille… Marquez votre appartenance à ce beau terroir en affichant fièrement vos couleurs. Et criez au monde entier le nouveau cri de guerre de la Bourgogne : "in pinot noir we trust !" mon frère. C'est pas cher, c'est 15 euros et ça fait toujours plaisir… Pour ceux qui sont plus chardonnay, don't worry, des versions "in chardonnay we trust" sont disponibles : bleu ciel pour ces dames, bleu métal pour monsieur.
> commandez vos T-Shirts par mail : contact@divine-comedie.com

mardi 17 août 2010

J'ai bu du "vin de merde" !

« Certains préjugés ont la vie dure... », commence par nous raconter Jean-Marc Speziale. Un vigneron qui porte bien son nom, à tel point que nous sommes en en droit de nous demander s’il ne se moque pas de nous sur l’étiquette. Car l’étiquette justement est pour ainsi dire spéciale, très spéciale même. Tout de noir vêtue, cette bouteille laisse apparaître une étonnante « appellation ». Un « vin de merde » qui aura à coup sûr le don de nous interloquer, nous faire sourire en tout cas. Le viticulteur de l’Héraut se justifie : « malgré un travail remarquable entrepris depuis des dizaines d’années par les viticulteurs qui ont amélioré la qualité de leur vin, bon nombre de consommateurs restent sur l’idée que certains vins sont des vins de “merde” ».
Ironique, sarcastique même, Marc taquine l’amateur buveur d’étiquette et tente un coup marketing plutôt intéressant. Car attention, en se qualifiant d’homme de goût, de défenseur du terroir, Marc veut nous faire réfléchir et nous incite à penser que « le pire… cache le meilleur », nous annonçant que son cru est un « vin de philosophe ». Bon alors on goûte ce petit vin de merde. Résultat : et bien, c’est plutôt pas mal pour un vin promis « à l’évier ». Après un premier nez pas des plus agréables, ce rouge non millésimé des contreforts du Larzac s’adoucit en bouche pour nous offrir des arômes de syrah et de grenache. Ce n’est bien sûr pas le vin du siècle mais Marc Speziale a réussi son coup, c’est déjà ça.

> Plus d’infos au domaine à Mèze, tél. : 06 11 52 73 94, contact@levindemerde.com ou le site