mardi 30 mars 2010

Le vin tombe dans la pomme

C’est une réalité, Les Français utilisent deux fois plus Internet que la presse écrite pour préparer leurs achats de vin. Voilà les résultats d’une enquête finalement pas si surprenante que cela révélés par le groupe conseils en marketing Sowine. Les spécialistes du marketing peuvent faire dire ce qu’ils veulent aux chiffres mais c’est un fait Internet les nouvelles technologies se sont progressivement imposés aux consommateurs pour les aider à faire leur choix, à s’informer et donc, à acheter leurs vins. Les résultats de ce sondage (réalisé auprès de 1003 personnes «représentatif de la population» interrogées en ligne entre le 22 et 29 janvier) sont surprenants : près de la moitié des lecteurs et utilisateurs fréquents de blogs et forums traitant de vin et de gastronomie révèlent avoir, dans 87% des réponses, une confiance marquée dans l’information qu’ils y trouvent.» En France, il y aurait 280 sites spécialisés dans la vente de vin en ligne, selon le magazine Challenges.

30 millions d’iPhones dans le monde

L’Iphone illustre à lui tout seul cette nouvelle tendance. Au départ très inspirés par les applications de contrôle de l’alcoolémie, les développeurs utilisent désormais le téléphone dernière génération d’Apple pour proposer des applications plus didactiques et encyclopédiques. C’est le cas par exemple de Hachette Vins qui fut l’un des premiers éditeurs à se lancer sur iPhone avec une « appli » entièrement consacrée aux vins et aux millésimes. Gratuitement, l’utilisateur a accès à l’ensemble des appellations d’origine contrôlée du vignoble français. Un système de cartes lui permet de situer le vignoble qu’il recherche et d’accéder aux différentes cartes des terroirs. La rubrique « Millésimes » donne la cotation (une note sur 20) des vins par année donc mais aussi par région. Enfin, un glossaire décrit simplement le vocabulaire, parfois un peu technique, du vin.

1855.com, le petit dernier, permet gratuitement, moyennant un enregistrement d’un compte, d’obtenir de l’information sur un vin précis et, surtout, son prix. C’est d’ailleurs sur ce dernier argument que le site de vente en ligne compte bien « vendre » son application aux 30 millions d’iPhones en circulation dans le monde entier : « L’application iPhone de 1855 permet aux amateurs de vins de connaître rapidement le prix d’un vin avant de le choisir au restaurant, ou avant de le sortir de sa cave. L’amateur peut découvrir également les secrets de dégustation de ce vin, les notes de 1855, de Robert Parker et des plus grands journalistes du vin. En un seul clic, l’amateur peut appeler 1855 pour commander ». Pour cela, 1855 s’appuie sur une bibliothèque de 25 000 vins. Mais le côté high tech de ce dernier produit ne doit pas faire oublier le problème de l’approvisionnement des stocks de « l’Hermès du vin », très critiqué pour sa mauvaise gestion par les professionnels comme les consommateurs.

Et l’Apple Store n’en finit plus d’afficher de nouvelles applications liées au vin. Gratuites mais le plus souvent payantes, françaises ou anglo-saxonnes, utiles comme The Wine Enthusiast Guide (3,99 euros) qui propose plus de 60 000 notes de dégustation, ou indescriptibles telle Drink Counter qui vous offre la possibilité de compter vos verres en faisant un trait sur un sous bock virtuel. On n’arrête pas le progrès !

jeudi 25 mars 2010

De Beaune guerre

Cela fait sourire les Beaunois… Dijon ville de vin et puis quoi encore ? Des buveurs de kir voilà tout. Ils sont taquins ces Beaunois. Cessons d’alimenter les querelles entre les deux cités, les politiques le font pour nous. La « gué-guerre » est amusante, elle peut rapidement devenir usante. Comment peut-on imaginer une région sans une capitale forte ? Comment pourrait-on se passer de l’aura d’une ville comme Beaune pour mettre en avant la Bourgogne ? Allons, allons, un peu de sérieux, la compétition est intéressante, la jalousie mauvaise conseillère.

Sans revenir sur le rôle historique que Dijon joua dans le commerce des vins. Il convient tout de même de rappeler, ou de révéler à ceux qui l’ignorent, que Dijon possède non seulement des vignes, à Plombières et à Chenôve, mais qu’elle est également propriétaire d’un bout de vignoble. Enfin plus exactement le centre hospitalier universitaire dijonnais laisse exploiter 22 hectares aux châteaux de Meursault et de Marsannay. Comme quoi on peut faire du business entre Dijon et Beaune.

lundi 15 mars 2010

Chambolle-Musigny premier cru « Les Cras » 2007, Georges Roumier

C’est un pur chef d’œuvre. Le vin devient cet art de la terre avant d’être celui de la table. Nombreux sont les écrivains qui se sont amusés à comparer vin et toile de maître. Avec plus ou moins de succès. Reste une question en suspens : l’art n’imiterait-il pas la nature ? Vous avez deux heures pour réfléchir à cet énoncé… Je vous rassure, les vignerons ne se posent pas tant de questions. Reste que la découverte d’une de ces chefs d’œuvre est un grand moment, une « claque », pourrait-on dire… car il faut reconnaître qu’il est difficile de déceler facilement l’expression d’un terroir.

Qu’est-ce que Chambolle-Musigny finalement ? Des vins féminins diront les moins inspirés… Alors que penser de ces cras du nord, protégé par le village, sinon qu’ils n’ont rien de féminin ? Il y a là au contraire une certaine puissance, nous ne sommes pas très loin des Bonnes Mares, communs à Chambolle-Musigny et à Morey-Saint-Denis… Mais il faut lui reconnaître une certaine souplesse propre à ce terroir de la Côte de Nuits. Christophe Roumier joue ici sur du velours avec un premier cru aussi incroyable que rare… Quand le vin devient bien plus qu’un produit culturel, un objet de convoitise, il échappe aux circuits traditionnels… tout un art !

> plus d’infos au domaine G. Roumier, à Chambolle-Musigny. Tél. : 03 80 62 86 37