
Il tire bien souvent le premier en Côte de Nuits. Thierry Brouin aime à vendanger tôt. Une atypicité pour ce grand cru de Morey-Saint-Denis qui ne semble pas altérer la qualité du vin, qui ne se bonifie pas qu’en cave, mais également au fil des millésimes. L’œnologue est responsable du standing acquis par l’un des cinq grands du village. Et la « concurrence » est rude avec des noms comme Clos de Tart, le monopole voisin, Clos de La roche, Bonnes Mares et autre Clos-Saint-Denis. Sans en rajouter, Morey fait ainsi partie des terroirs les plus « capés » en matière de grands crus. Près de 37 hectares de ces grands vins poussent ici dans une relative discrétion. Le Clos des Lambrays ne boude évidemment son plaisir d’être devenu un des grands de Bourgogne. D’autant plus que le domaine revient de loin… Divisé entre 74 propriétaires différents pendant la révolution de 1789, il a fallu « réunifier » le clos. La propriété, que l’on appelait autrefois « la Belle au vin dormant » n’a donc pas toujours connu le succès. Après le décès de Madame Cosson, Roland de Chambure et les frères Fabien et Louis Saier reprennent le domaine en 1979. Ils investiront financièrement et qualitativement, en recrutant Thierry Brouin par exemple, pour faire du Clos un grand cru digne de ce nom. Mission accomplie en 1981 puisque le Clos des Lambrays devient le cinquième grand cru de Morey-Saint-Denis. Le domaine, aujourd’hui propriété de Günter et Ruth Freund, de Coblence, poursuit sa marche en avant. Ce grand cru, suave et profond, est une belle expression du pinot noir. Quelqu’un a dit que le cépage bourguignon ne supportait pas la médiocrité… il faudrait inventer une devise pour son contraire, lorsque celui-ci touche au sublime.
> Plus d’infos au domaine, à Morey-Saint-Denis. Tél. : 03 80 51 84 33 ou clos.lambrays@wanadoo.fr// www.lambrays.com
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