
En regardant le JT de TF1, la vérité m’a explosé à la figure comme une canette de bière trop chaude qu’on se serait empressé d’ouvrir après une journée laborieuse. C’est la faute à Laurence Ferrari. J’ai d’ailleurs failli avec mon porc resté en travers. Fichtre, la présentatrice y va fort au moment de pousser le bout de gras. C’est d’ordinaire l’heure où les travailleurs ont fini leur journée et goûtent au plaisir immodérée d’une bière, fraîche. Laurence, toute pimpante, la fourbe, vient alors nous gâcher la fête avec un sujet qui fâche : l’alcoolisme chez les femmes, des cadres même. Comme le suggère le superbe sujet de TF1, la femme cadre boit ! Avec ce commentaire d’une alcoolique mondaine bien dans ses talons aiguilles, nettement moins bien à l’écran. Il faut dire que la prod’ la « floute » sévèrement. Pour exacerber la gravité de la situation. Visage caché, la dame nous octroie un mémorable : « Oui mais euh quand même, nous sommes cadres, nous avons de sacrés responsabilités (…) C’est vachement dur la vie de cadre… alors du coup, le soir, on se bourre la gueule! ».
Excusez le manque de précision dans la retranscription mais le sens est là… Remarquez, au moins avec ce genre de reportage, on est moins embarrassé par le côté tragique de la situation. Qu’importe, Laurence tient là son sujet poignant. Chez TF1, ils appellent ça des enquêtes. À 20h12, la blonde nous renvoie dans nos 22 mètres avec cette insupportable et dramatique réalité. Attention à trois on culpabilise : 1, 2, 3… mesdames, messieurs, l’heure est grave : la France boit ! Oui, madame, monsieur, il y a la France de Nicolas , celle qui travaille dur mais il y a aussi la France de Laurence, celle qui boit. Alors moi, en regardant le 20 heures, je me suis dit qu’il ne fallait plus que je me voile la face. Je profite de ces colonnes pour faire mon coming-out. Je suis, disons-le franchement, vinolique ou tout du moins apérolique. Mais ça Laurence, elle connaît pas encore… la fourbe !
> billet paru dans le n°44 du magazine dijonnais urbain & gratuit Bing Bang
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