
« Certains préjugés ont la vie dure... », commence par nous raconter Jean-Marc Speziale. Un vigneron qui porte bien son nom, à tel point que nous sommes en en droit de nous demander s’il ne se moque pas de nous sur l’étiquette. Car l’étiquette justement est pour ainsi dire spéciale, très spéciale même. Tout de noir vêtue, cette bouteille laisse apparaître une étonnante « appellation ». Un « vin de merde » qui aura à coup sûr le don de nous interloquer, nous faire sourire en tout cas. Le viticulteur de l’Héraut se justifie : « malgré un travail remarquable entrepris depuis des dizaines d’années par les viticulteurs qui ont amélioré la qualité de leur vin, bon nombre de consommateurs restent sur l’idée que certains vins sont des vins de “merde” ».
Ironique, sarcastique même, Marc taquine l’amateur buveur d’étiquette et tente un coup marketing plutôt intéressant. Car attention, en se qualifiant d’homme de goût, de défenseur du terroir, Marc veut nous faire réfléchir et nous incite à penser que « le pire… cache le meilleur », nous annonçant que son cru est un « vin de philosophe ». Bon alors on goûte ce petit vin de merde. Résultat : et bien, c’est plutôt pas mal pour un vin promis « à l’évier ». Après un premier nez pas des plus agréables, ce rouge non millésimé des contreforts du Larzac s’adoucit en bouche pour nous offrir des arômes de syrah et de grenache. Ce n’est bien sûr pas le vin du siècle mais Marc Speziale a réussi son coup, c’est déjà ça.
> Plus d’infos au domaine à Mèze, tél. : 06 11 52 73 94, contact@levindemerde.com ou le site
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