jeudi 8 avril 2010

Faits maisons

J’aime assez cette idée que la Bourgogne compte de grandes « maisons ». Maison, c’est le terme un peu chic je vous l’accorde, pour évoquer le négoce de vins. Une parade marketing que l’on a trouvée pour échapper au galvaudage. Mais plus qu’une coquetterie, cette idée de grandes maisons est, à plus d’un titre, intéressante. Elle démontre en tout cas qu’en matière de négoce, la Bourgogne reste une région à part. Rien à voir avec cette idée, souvent fausse, que le grand public ou certains amateurs s’en font, estimant que tout ce qui n’est pas fait par un petit producteur n’est forcément pas bon.
Ici, en Bourgogne, le négoce est fort. C’est une exception nationale. Grâce à nos deux « familles », avec d’un côté la viticulture classique et, de l’autre, les négociants, l’équilibre est assuré. Mais n’oublions pas que c’est à ces maisons que l’on doit l’incroyable export des vins aux États-Unis et ailleurs. Les négociants ont joué, en leur temps (et encore aujourd’hui), un rôle de pionnier parfois même d’aventurier. Demandez à Alberic Bichot qu’il vous raconte la formidable épopée de ses ancêtres. Questionnez Louis-Fabrice Latour sur l’économie de l’export et l’impact que ce dernier a eu sur la qualité des vins de Bourgogne… Sans négociants, la Bourgogne ne serait pas là où elle est aujourd’hui.

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